Transposer une journée de formation en distanciel sans perdre le sel de ma vie

Picture from Unslapsh.com

Ça y est, j’ai basculé. J’ai rejoint ceux qui s’efforcent de continuer leur métier dans des modalités digitales.

En Avril, dans un monde pre-Covid, j’enseigne les business models innovants à des étudiants en dernière année de leur formation à l’expertise comptable au Lycée Vernant à Sèvres, et ce, au travers d’une étude de cas qui présente comment et pourquoi Michelin a développé une activité de contrat kilométrique à destination des plus gros transporteurs routiers d’Europe en parallèle de son activité historique de production et vente de pneu poids lourds. Un sujet passionnant (si si je vous l’assure !) et que j’adore puisque cela a été mon sujet de thèse (la vie est pleine de surprises, mais ce n’est pas l’objet de cet article).

D’ordinaire, l’intérêt de cette journée repose sur la rencontre entre ces étudiants (de futurs experts comptables), cette modalité pédagogique (l’étude de cas très pratiquée en école de commerce mais pas dans leur contexte) et ce sujet un peu improbable (parce qu’on parle quand même de millimètre de gomme restant comme un levier de profitabilité ;-).

J’apprécie cette rencontre. La journée est très active: je constitue des équipes qui, tout au long de la journée, vont réfléchir à mes côtés aux dimensions du diagnostic stratégique, aux difficultés de mise en œuvre et aux raisons pour lesquelles Michelin a fait ce choix stratégique audacieux. Nous terminons d’ordinaire la journée avec chacun des groupes, devenu pour l’occasion consultants d’un jour, qui présente sa recommandation. C’est un exercice assez neuf pour ces étudiants et pas simple quand il faut justifier son propos avec des arguments construits tandis que le reste de la classe (et moi-même) endossons le rôle du Comex de Michelin et questionnons le cabinet sur la pertinence de ses recommandations. J’enseigne depuis 5 ans dans ces conditions, et c’est toujours une journée dynamique dont les étudiants gardent un très bon souvenir.

Au moment de transformer cette journée d’enseignement en digital, je découvre (sans en avoir vraiment pris conscience avant) une foultitude de petits plaisirs qui caractérisent ma pratique :

Et là, que tu sois Zoom, Skype, Teams, Klaxoon, ou Mural, je ne vois pas comment tu pourrais te substituer à tous ces plaisirs-là. Pendant un moment, je ne sais même pas si j’ai le cœur d’essayer… Mais le monde de demain sera digital (parait-il) alors ne reste pas comme une vieille moule sur ton rocher et tente une réinterprétation.

Je m’aventure dans cet exercice de transposition en réunissant quelques ressources précieuses :

En chemin s’affirment quelques convictions :

Ensuite on se lance et le résultat n’est pas si mal. Mais je me propose de vous le raconter dans un prochain post :-) La petite a fini sa sieste et la seule réalité certaine du télé-travail, c’est qu’il se déploie dans un temps interrompu, familial, et un brin chaotique.

Portez-vous bien.

Article écrit en pleine crise covid, Round 1. Avril 2020

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Un brin d'écriture pour ralentir, explorer et questionner mes apprentissages et pratiques professionnelles. Par touches, essais, et expérimentations !

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Chloe Renault

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